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SASU ou EURL : Quel statut choisir pour un freelance informatique ?
Vous avez quitté votre CDI, votre TJM (Taux Journalier Moyen) crève le plafond, et votre agenda est plein pour les six prochains mois. Félicitations, vous faites partie des freelances tech qui ont craqué le code de l'indépendance.
Mais avec cette croissance fulgurante vient un "problème de riches" souvent sous-estimé : l'optimisation de vos revenus. Le paradoxe du freelance tech à succès, c'est de générer un chiffre d'affaires important tout en ayant la sensation désagréable de voir une part disproportionnée de ses gains s'envoler en cotisations et en impôts, faute d'une structure adaptée.
La micro-entreprise a fait son temps, et vous êtes maintenant face à l'écran de création d'entreprise, bloqué sur une question qui va déterminer votre fiscalité pour les années à venir : SASU ou EURL ?
Faire le mauvais choix ici, c'est un peu comme choisir la mauvaise stack technique pour un projet voué à scaler (par exemple, un monolithe là où des microservices étaient nécessaires) : ça fonctionne au début, mais la dette technique (et fiscale) finit par vous coûter très cher et freiner votre croissance personnelle. Chez 451F, nous décomplexons la comptabilité. Oubliez le jargon juridique abstrait. Voici le comparatif pragmatique pour construire votre véritable "architecture de revenus".
Freelance Tech : Pourquoi la micro-entreprise n'est plus suffisante ?
La micro-entreprise est le bac à sable idéal pour lancer son activité de développeur freelance, tester son offre, et valider son market-fit sans prendre de risques administratifs. Mais avec un TJM oscillant entre 500 € et 800 €, la réalité mathématique vous rattrape vite : en travaillant à temps plein, vous allez exploser le plafond de chiffre d'affaires (77 700 €) en moins de huit mois.
👉 Consultez notre guide de survie : Dépassement du seuil de TVA en Micro-Entreprise →Comme nous l'avons vu dans notre guide sur le dépassement du seuil de TVA, franchir ces limites n'est pas une punition. C'est le signal fort qu'il faut "refactoriser" votre structure juridique.
Rester en micro-entreprise à ce stade d'évolution, c'est tomber dans un piège fiscal invisible : l'abattement forfaitaire. En micro, l'État applique un abattement de 34 % pour estimer vos frais. Autrement dit, si vos charges réelles (un espace de coworking à 400 €/mois, l'achat d'un MacBook Pro M3 Max à 3 500 €, vos licences SaaS de type AWS, GitHub Copilot ou JetBrains, ou encore la sous-traitance) dépassent ces 34 %, vous payez des impôts sur de l'argent que vous avez déjà dépensé pour travailler ! Il est temps de passer en société pour déduire l'intégralité de vos charges au réel, et ne payer des impôts que sur votre véritable bénéfice.
Le grand match des statuts : SASU vs EURL (Comparatif)
Pour un freelance tech travaillant seul (sans associés), seules deux structures ont réellement du sens : l'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) et la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle).
La différence fondamentale ne se voit pas sur les devis ou les factures que vous envoyez à vos clients. Aux yeux de votre client B2B, SASU ou EURL, c'est strictement la même chose : un prestataire fiable. Tout se joue en coulisses, dans l'ombre de la gestion : quel statut social personnel aurez-vous, et par quel mécanisme financier allez-vous "sortir" l'argent de la boîte vers votre compte personnel ?
| Critère d'optimisation | EURL (Gérant Majoritaire) | SASU (Président) |
|---|---|---|
| Statut du dirigeant | TNS (Travailleur Non Salarié) | Assimilé Salarié |
| Charges sociales sur salaire | ~45 % (du net versé) | ~80 % (du net versé) |
| Édition de fiches de paie | Non (Rémunération de gérant) | Oui (Bulletin de salaire officiel) |
| Imposition des dividendes | Fortement taxés (soumis aux charges TNS) | Flat Tax à 30 % (Prélèvement Forfaitaire Unique) |
| Coût de fonctionnement | Plus faible (comptabilité simplifiée) | Légèrement plus élevé (gestion de la paie) |
L'EURL : Le choix de la rentabilité mensuelle et de l'optimisation
Si votre objectif principal au quotidien est de vous verser un salaire mensuel régulier et élevé pour vivre confortablement tout en minimisant la casse fiscale, l'EURL gagne par K.O.
En tant que TNS (Travailleur Non Salarié), les charges sociales prélevées par l'URSSAF sont beaucoup plus légères : environ 45 % contre 80 % en SASU. Concrètement, pour que 1 000 € arrivent nets sur votre compte bancaire personnel à la fin du mois, la société (EURL) devra débourser au total environ 1 450 €, là où la SASU devra débourser 1 800 € pour le même résultat net. Sur une année entière, cet écart représente des milliers d'euros d'économies.
Beaucoup de freelances craignent le statut TNS à cause d'une supposée "mauvaise couverture sociale". C'est un mythe tenace. En réalité, avec l'énorme économie réalisée sur les cotisations obligatoires, le dirigeant en EURL peut (et doit) souscrire à des contrats d'assurance privés dits "Madelin" (mutuelle haut de gamme, prévoyance maintien de salaire, retraite complémentaire). Ces contrats sont déductibles du bénéfice de l'entreprise. Vous vous construisez un filet de sécurité "premium" et sur-mesure, tout en coûtant globalement moins cher.
La SASU : Le royaume des dividendes et de la flexibilité (Assimilé Salarié)
Pourquoi la SASU reste-t-elle la forme juridique la plus populaire auprès des freelances tech si les charges sur les salaires y sont si exorbitantes ? Principalement pour deux raisons stratégiques :
- Le Graal de la Fiche de Paie : En tant que dirigeant "assimilé salarié", si vous décidez de vous verser une rémunération, vous recevez un vrai bulletin de paie généré chaque mois. En France, ce bout de papier a un pouvoir de réassurance massif auprès des banques pour obtenir un crédit immobilier classique ou auprès des propriétaires pour louer un appartement. Le statut TNS exige souvent de présenter 3 bilans comptables.
- La stratégie de la Flat Tax sur les dividendes : La "méta" actuelle en SASU n'est pas de se verser un gros salaire lourdement taxé. L'objectif est de se verser le minimum syndical, de laisser l'argent s'accumuler dans la société, de payer l'Impôt sur les Sociétés (IS) en fin d'année, puis de s'attribuer le bénéfice net sous forme de dividendes avec un prélèvement unique bloqué à 30 %.
Le "Hack" des freelances : Le cumul ARE (Chômage) et SASU
C'est l'éléphant dans la pièce, la question que tous les développeurs nous posent dès le premier rendez-vous après une rupture conventionnelle : "Comment garder mon chômage tout en facturant à un TJM élevé ?"
Cette stratégie est très connue, parfaitement légale, et redoutablement efficace pour capitaliser rapidement. Elle nécessite impérativement de s'orienter vers la création d'une SASU :
1️⃣ Création & PV de non-rémunération
Vous créez votre SASU et vous signez un procès-verbal officiel d'assemblée générale actant votre non-rémunération en tant que Président.
2️⃣ Maintien des ARE
France Travail (ex-Pôle Emploi) constate que vous n'avez pas de revenus. Il maintient 100 % de vos ARE, qui deviennent votre "salaire" pour vivre.
3️⃣ Accumulation de trésorerie
Vous facturez vos clients au prix fort. N'ayant ni salaire à vous verser ni charges URSSAF à payer, le cash s'accumule massivement sur le compte pro.
4️⃣ Versement des dividendes
À la clôture, une fois l'IS payé, vous vous versez ce "trésor de guerre" sous forme de dividendes (Flat Tax 30%).
⚠️ La limite du système : Ce "hack" a une date de péremption (selon vos droits ARE). Une fois épuisés, il faudra potentiellement transformer votre SASU en EURL si vous avez besoin de reprendre le versement de salaires mensuels réguliers sans subir les 80% de charges.
Cas pratique : Combien vous reste-t-il (Net dans la poche) avec un TJM à 600€ ?
La théorie juridique c'est bien, mais la data financière c'est mieux. Prenons l'exemple de Julien, développeur Fullstack React, qui cherche à maximiser ses revenus personnels.
Estimez vos paramètres annuels pour visualiser le Net disponible dans votre poche avant Impôt sur le Revenu.
Scénario A : Julien est en EURL (Stratégie 100% Rémunération mensuelle)
Julien n'a pas de chômage. Il veut sortir l'intégralité de la valeur tous les mois pour l'investir personnellement. Sur les 116 000 € disponibles (CA - Frais), l'EURL paiera environ 36 000 € de cotisations sociales TNS (URSSAF). Il lui restera un revenu net personnel d'environ 80 000 € (soit plus de 6 600 € net distribués par mois). C'est un ratio de conversion extrêmement performant pour de la rémunération immédiate.
Scénario B : Julien est en SASU (Stratégie ARE + 100% Dividendes)
Julien vient de quitter son CDI et vit avec ses indemnités chômage (ARE). Il garde le fruit de son travail bloqué dans la SASU pendant 12 mois. Sur les 116 000 € de bénéfice, la SASU paie l'IS (taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà), soit environ 24 750 €. Il reste 91 250 € de dividendes. Julien applique la Flat Tax (30 %) et récupère un bonus net directement dans sa poche d'environ 63 800 €.
💡 Le Tip de Fahrenheit : Ne jouez pas aux devinettes ni aux approximations avec votre TJM. Ces calculs globaux donnent une tendance forte, mais ils dépendent intimement de votre situation maritale, de votre taux de prélèvement à la source, et du volume exact de vos frais réels. Faites une simulation personnalisée avec un expert 451F.
Conclusion : Bâtissez votre "Architecture de revenus" avec 451F
En matière de fiscalité freelance, il n'y a pas de "meilleur" statut absolu. Il n'y a que des statuts juridiques adaptés à un instant T de votre vie personnelle et professionnelle.
- Vous cherchez à maximiser votre "cash" tous les mois pour soutenir votre train de vie ou préparer un prêt immobilier ? Optez pour la rémunération en EURL.
- Vous disposez de confortables droits au chômage et souhaitez maximiser la capitalisation au sein de la société pour créer une holding d'investissement plus tard ? La SASU est votre alliée.
Chez 451F, nous sommes le cabinet d'expertise comptable des développeurs et des indépendants de la Tech. Nous ne sommes pas là pour "saisir vos factures", les algorithmes le font désormais très bien. Nous sommes là pour concevoir, auditer et maintenir l'architecture financière qui transformera votre chiffre d'affaires d'indépendant en un véritable patrimoine personnel.
Ne laissez pas un formulaire juridique standardisé dicter la rentabilité de vos cinq prochaines années de travail acharné.
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