
Un expert-comptable pour développeur freelance qualifie ce que vous facturez (prestation en régie ou licence de logiciel), choisit le statut qui vous laisse le plus de net et active l'IP Box ou le CIR quand ils s'appliquent vraiment. Comptez 150 à 350 € HT par mois en société, selon la TVA, la paie et les dispositifs suivis. Le cadre général est détaillé sur notre page d'expert-comptable pour freelance.
Deux développeurs indépendants qui facturent 90 000 € peuvent finir l’année avec plusieurs milliers d’euros d’écart. La différence ne vient pas du TJM, mais de la nature de ce qui est facturé, du statut choisi et des dispositifs activés à temps.
Ce que vous saurez en sortant de cette page : si vos revenus entrent ou non dans l’IP Box, si vos travaux relèvent ou non du CIR, et comment se calcule l’arbitrage entre rémunération et dividendes. Nous insistons autant sur les cas d’inéligibilité que sur les avantages : c’est là que se jouent les redressements.
Ces chiffres circulent partout dans les communautés de développeurs. Ce qui circule beaucoup moins, ce sont les conditions qui les accompagnent — et elles écartent la majorité des indépendants.
Combien coûte un expert-comptable pour développeur freelance ?
Le prix suit la complexité de votre dossier, pas votre métier. Un développeur en micro-entreprise sans TVA se suit pour 30 à 90 € HT par mois. Une EURL ou une SASU qui facture en régie, avec bilan et liasse, se situe entre 150 et 250 € HT. Dès qu’il faut tenir un suivi analytique pour l’IP Box, déposer un CIR ou faire de la paie, comptez 200 à 350 € HT. Le détail poste par poste est dans notre article sur combien coûte un expert-comptable pour un freelance.
Budget comptable mensuel d’un développeur freelance
Fourchettes indicatives en € HT par mois, 2026
Micro-entreprise · 30 – 90 €
Société en régie, bilan inclus · 150 – 250 €
Société avec IP Box, CIR ou paie · 200 – 350 €
L’IP Box : vendre une licence, pas une prestation
L’IP Box permet d’imposer à 10 % au lieu de 25 % le résultat net tiré de la concession ou de la cession d’un logiciel protégé par le droit d’auteur que vous avez vous-même développé. Sur un produit dégageant 80 000 € de résultat éligible, l’écart de quinze points représente 12 000 €. Tout le mécanisme est décortiqué dans notre guide de l’IP Box pour développeur.
Le malentendu qui élimine la majorité des freelances : si vous facturez du développement en régie — des jours, des sprints, avec cession des droits au client — vous vendez une prestation de service. Ce chiffre d’affaires n’entre pas dans l’IP Box, quel que soit le niveau technique du travail. Réécrire le contrat pour appeler cela une « licence », sans changer la réalité économique de la relation, ne protège de rien en cas de contrôle.
Les trois conditions à réunir
Les trois conditions de l’IP Box
Il faut les trois : une seule manquante, et l’option tombe
Simulateur : ce que l’IP Box vous ferait économiser
12 000 €
Résultat éligible retenu : 80 000 €. Imposition à 10 % au lieu de 25 %, soit 15 points d’écart.
Estimation indicative, à confirmer par un examen de vos contrats. La part interne approche le ratio nexus sans le remplacer.
Vos revenus entrent-ils dans l’IP Box ?Nous lisons vos contrats avant de vous répondre.
Vérifier mon éligibilitéLe CIR : 30 %, mais pas pour du développement courant
Le crédit d’impôt recherche finance 30 % des dépenses de recherche et développement. Sa particularité : il est remboursable même lorsque la société n’est pas bénéficiaire. Pour un indépendant qui investit dans son propre produit, c’est une ressource de trésorerie autant qu’une économie d’impôt. Les conditions propres aux indépendants de la tech sont détaillées dans notre article sur l’éligibilité au CIR et au CII d’un freelance tech.
Le critère réel : le verrou technologique
Un travail est éligible s’il cherche à lever une incertitude que l’état de l’art ne permet pas de résoudre : la solution n’est pas connue au départ et l’échec est possible. Algorithmes originaux, apprentissage automatique, systèmes autonomes, performances hors des limites publiées.
Ce qui n’ouvre pas droit au CIR, même techniquement exigeant
Les cinq cas les plus fréquents chez les développeurs indépendants
- Intégrer une API ou un service tiers, aussi complexe soit-il
- Développer une application web ou mobile avec des briques existantes
- Migrer une base de données ou moderniser une architecture
- Industrialiser un déploiement, mettre en place de l’intégration continue
- Refondre une interface ou améliorer des performances par des méthodes connues
Le CII, souvent plus adapté : lorsque le projet relève de l’innovation produit plutôt que de la recherche, le crédit d’impôt innovation peut prendre le relais, avec ses propres taux et plafonds. Les deux dispositifs se cumulent à condition que les projets soient distincts et documentés séparément.
Ce qu’il faut avoir conservé en cours d’année
- Une description datée du verrou visé et de l’état de l’art consulté
- Un suivi du temps passé sur les travaux concernés
- Les traces techniques : dépôts, tickets, comptes rendus d’essais
- Les factures des prestataires, avec vérification de l’agrément lorsqu’il est requis
Gardez vos échecs. Les tentatives qui n’ont pas abouti sont les meilleures preuves de l’incertitude technique : elles établissent que la solution n’était pas connue d’avance. C’est l’inverse du réflexe habituel, qui consiste à ne documenter que ce qui a fonctionné.
Micro, EURL ou SASU : le statut d’un développeur freelance
En micro-entreprise, un développeur relève le plus souvent des bénéfices non commerciaux : il paie 25,6 % de cotisations sur son chiffre d’affaires en 2026, sans pouvoir déduire son matériel ni ses logiciels. En société, chaque charge réelle se déduit avant impôt, et l’IP Box comme le CIR deviennent accessibles. La bascule se calcule : sur une SASU qui verse tout en dividendes, la société passe devant la micro quand vos charges réelles dépassent environ 40 % du chiffre d’affaires.
Sur 100 € facturés, sans aucune charge : ce qui reste au développeur
Micro BNC (SSI) avec versement libératoire, contre SASU versant tout en dividendes, taux 2026
Micro-entreprise — 72,20 €
SASU, 100 % dividendes — 58,31 €
Régie ou édition : deux modèles, deux fiscalités
Le même code, deux modèles économiques
Ce qui change selon que vous vendez du temps ou un logiciel
| Critère | Développement en régie | Édition logicielle |
|---|---|---|
| Nature du revenu | Prestation de service | Licence ou cession de droits |
| IP Box | Non | Oui, sous conditions |
| CIR | Seulement si verrou technologique | Seulement si verrou technologique |
| Dépendance client | Élevée, risque de requalification | Faible, revenus répartis |
| Comptabilité requise | Standard | Analytique par actif |
Le risque qu’on oublie : un indépendant qui facture un client unique, à temps plein, dans ses locaux et avec ses outils, s’expose à une requalification de la relation. Aucun montage fiscal ne compense ce risque : il se traite en amont, dans la façon de contracter.
Rémunération ou dividendes : l’arbitrage annuel
En SASU, le président est assimilé salarié. Sa rémunération supporte des cotisations élevées mais ouvre des droits à la retraite, à la prévoyance et à l’assurance maladie. Les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales et relèvent du prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 — mais ils n’ouvrent aucun droit. Pour chiffrer votre cas, partez de notre simulateur salaire dividendes SASU.
Ce que deviennent 1 000 € de bénéfice versés en dividendes
SASU au taux réduit d’IS, prélèvement forfaitaire unique 2026
| Rémunération | Dividendes (SASU) | |
|---|---|---|
| Cotisations sociales | Élevées | Aucune |
| Imposition | Barème de l’impôt sur le revenu | Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % |
| Droits sociaux | Retraite, prévoyance, maladie | Aucun |
| Effet sur le résultat | Déductible | Versés après impôt |
En EURL à l’IS, le calcul change : le gérant majoritaire relève des travailleurs non salariés et une fraction des dividendes est réintégrée dans l’assiette des cotisations. Le choix du statut dépend donc aussi de la façon dont vous comptez vous payer.
TVA : seuil de franchise et clients étrangers
Un développeur en franchise de TVA la perd au-delà de 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, ou dès qu’il franchit 41 250 € en cours d’année. Les clients professionnels étrangers changent aussi la facture : dans l’Union européenne, c’est le client qui autoliquide la TVA ; hors Union, la prestation sort du champ de la TVA française. Le cas typique du passage de seuil est traité dans notre article sur le dépassement du seuil de TVA d’un développeur web.
Qui paie la TVA sur votre facture de développement ?
Prestations de services entre professionnels, 2026
Notre méthode
Trois étapes, dans cet ordre
Le travail qui rend l’IP Box et le CIR défendables
Le même développeur, facturant la même somme en régie à un client unique, ne relève d’aucun de ces dispositifs. La différence ne tient pas au code produit : elle tient au modèle économique et à la façon dont il a été contractualisé.
Questions fréquentes
Quel est le tarif d’un expert-comptable freelance ?
Pour un développeur freelance, comptez 30 à 90 € HT par mois en micro-entreprise, 150 à 250 € HT en EURL ou en SASU avec bilan, et 200 à 350 € HT quand il faut suivre l’IP Box, un CIR ou de la paie.
Quel est le prix d’un comptable pour un indépendant ?
Le prix dépend du statut, du régime de TVA et du volume de pièces. Un indépendant sans TVA en micro-entreprise coûte nettement moins cher à suivre qu’une société à la TVA mensuelle qui verse des dividendes.
Un développeur en micro-entreprise peut-il bénéficier de l’IP Box ou du CIR ?
Non. Les deux dispositifs supposent une société soumise à l’impôt sur les sociétés et une comptabilité complète. C’est fréquemment la vraie raison de quitter la micro-entreprise, avant même la question des seuils.
Je vends un SaaS que j’ai développé seul : suis-je éligible à l’IP Box ?
C’est le cas le plus favorable : logiciel développé en interne, revenus d’abonnement rattachables à un actif identifié, ratio nexus élevé. Restent à mettre en place le suivi analytique et à formaliser l’option.
Puis-je déclarer du CIR sur le temps passé à développer mon propre produit ?
Uniquement si ce développement lève une incertitude technique réelle et si vous êtes rémunéré par la société sur la période concernée. Un dirigeant qui ne se verse aucune rémunération n’a pas de dépense de personnel à déclarer.
Mon TJM peut-il entrer dans l’IP Box si je requalifie mon contrat en licence ?
Un changement d’intitulé ne suffit pas. Ce qui est examiné, c’est la réalité économique : développez-vous un actif que vous conservez et concédez à plusieurs clients, ou réalisez-vous un travail sur commande dont les droits sont cédés ?
Combien de temps faut-il pour être remboursé d’un CIR ?
Le délai dépend de l’administration et de la qualité du dossier déposé. Traitez ce remboursement comme un encaissement incertain dans votre plan de trésorerie, et non comme une recette acquise à une date connue.
Que se passe-t-il si l’administration conteste mon dossier ?
Elle demande les justificatifs techniques et comptables et peut remettre en cause tout ou partie de l’avantage, avec intérêts de retard. C’est pour cela que la documentation se constitue pendant les travaux et non après.
Alexandre Zuili examine votre activité, vos contrats et votre structure.Qualification IP Box, éligibilité CIR ou CII, arbitrage rémunération et dividendes chiffré.
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